Comment est-il possible de continuer à bouger malgré une grave blessure sans souffrir ?
L'adrénaline peut masquer la douleur d'une fracture au point de permettre à une personne de continuer à courir.
Ce phénomène s'appelle l'analgésie induite par le stress. En cas de danger mortel, le cerveau bloque les signaux de douleur pour privilégier la survie immédiate. Cela permet à des soldats ou des athlètes de rester actifs malgré des blessures graves jusqu'à ce que le calme revienne.
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Le mécanisme de l'analgésie induite par le stress repose sur une cascade hormonale complexe déclenchée par l'amygdale cérébrale. Lorsqu'une menace est perçue, l'hypothalamus stimule les glandes surrénales pour libérer massivement de l'adrénaline et du cortisol dans le sang. En parallèle, le système nerveux central libère des opioïdes endogènes, comme les endorphines et les enképhalines, qui agissent comme des inhibiteurs naturels de la douleur.Ces substances se fixent sur les récepteurs opioïdes de la moelle épinière et du tronc cérébral pour bloquer la transmission des messages nociceptifs vers le cortex somatosensoriel. Des études menées par des chercheurs comme le Dr Roger Pertwee ont démontré que les endocannabinoïdes jouent également un rôle crucial dans ce processus de verrouillage sensoriel. Ce système permet de maintenir des fonctions motrices optimales même en cas de traumatisme physique sévère, comme une fracture osseuse ou une plaie ouverte.Historiquement, ce trait évolutif a été documenté lors de batailles célèbres où des soldats continuaient à combattre sans réaliser qu'ils avaient perdu un membre. Une étude de 1982 publiée dans la revue 'Science' a confirmé que ce blocage est temporaire et s'estompe dès que l'homéostasie revient. Une fois le pic d'adrénaline retombé, les récepteurs de la douleur ne sont plus inhibés, provoquant une sensation de douleur intense et soudaine qui force l'individu à l'immobilisation pour favoriser la guérison.
Fait vérifié
FP-0005879 · Feb 20, 2026