Pourquoi les universités médiévales évitaient-elles la dissection humaine tout en enseignant la médecine ?
Au Moyen Âge, les universités enseignaient la médecine sans pratiquer la dissection humaine, se fiant uniquement aux textes anciens.
Dès le XIIe siècle, les universités européennes enseignaient l'astronomie et le droit, mais la dissection humaine était souvent interdite pour des raisons religieuses. Les étudiants apprenaient l'anatomie à travers les écrits de Galien, un médecin grec du IIe siècle dont les théories étaient basées sur des animaux. Ce manque de pratique directe a freiné les progrès médicaux jusqu'à la Renaissance, période où l'observation réelle a enfin remplacé les dogmes antiques.
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L'enseignement médical médiéval reposait presque exclusivement sur le 'Canon de la médecine' d'Avicenne et les travaux de Galien de Pergame. Ce dernier, n'ayant jamais disséqué de corps humain en raison des lois romaines, avait extrapolé ses connaissances à partir de porcs et de singes. Cela a conduit à des erreurs majeures, comme la croyance que le sang était produit par le foie ou que la mâchoire humaine était composée de deux os distincts.En 1315, Mondino de Luzzi a réalisé la première dissection humaine publique autorisée à l'Université de Bologne. Son ouvrage 'Anathomia Mundini', publié en 1316, est devenu le manuel de référence, mais il restait très attaché aux théories de Galien. Il a fallu attendre l'année 1543 et la publication de 'De humani corporis fabrica' par André Vésale pour que l'anatomie moderne naisse véritablement.Vésale a prouvé que Galien s'était trompé sur plus de 200 points anatomiques en pratiquant lui-même des dissections systématiques à l'Université de Padoue. Cette transition de la théorie textuelle vers l'observation empirique a permis des avancées majeures, comme la découverte de la circulation sanguine par William Harvey en 1628. Avant cela, l'Église catholique n'interdisait pas formellement la dissection par un dogme précis, mais la bulle papale 'Detestande feritatis' de 1299, visant à empêcher le dépeçage des croisés, a longtemps été interprétée à tort comme une interdiction totale.
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FP-0006804 · Feb 20, 2026