Pourquoi Jeanne d'Arc a-t-elle été condamnée pour avoir porté des habits d'homme ?
Lors de son exécution, Jeanne d'Arc portait une mitre en papier mentionnant le « travestissement » parmi ses crimes.
Le 30 mai 1431, Jeanne d'Arc est brûlée vive à Rouen. Elle porte alors une mitre en papier listant ses prétendus crimes, dont l'hérésie et l'idolâtrie. Bien qu'elle ait porté des vêtements d'homme pour se protéger des agressions en prison, ses juges ont utilisé ce « travestissement » comme preuve de sa rechute. Ce refus d'abandonner la tenue masculine a servi de prétexte légal pour justifier sa condamnation à mort.
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Le procès de Jeanne d'Arc, dirigé par l'évêque Pierre Cauchon en 1431, était une manœuvre politique sous couvert de droit canonique. Sur les 70 chefs d'accusation initiaux, le port de vêtements masculins est devenu l'élément central de sa condamnation. Selon le Deutéronome, le travestissement était considéré comme une abomination, ce qui permettait aux juges de la qualifier d'hérétique.Après avoir initialement accepté de porter une robe lors d'une abjuration forcée le 24 mai 1431, Jeanne reprend ses habits d'homme quelques jours plus tard. Elle explique ce choix par la nécessité de se protéger des tentatives de viol de ses gardes anglais. Cependant, pour le tribunal, cet acte constitue une « rechute » officielle. Le terme « relapse » inscrit sur sa mitre en papier est crucial car il autorise légalement l'Église à la livrer au bras séculier pour l'exécution.La mitre portait précisément les mots « hérétique, relapse, apostate, idolâtre ». Ce couvre-chef d'infamie visait à humilier publiquement la Pucelle d'Orléans devant la foule réunie sur la place du Vieux-Marché à Rouen. Ce n'est qu'en 1456, lors d'un procès en annulation ordonné par le pape Calixte III, que Jeanne sera déclarée innocente et que les vices de forme de son premier procès seront officiellement reconnus.
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FP-0010214 · Feb 22, 2026