Comment fabriquait-on une cotte de mailles au Moyen Âge ?
Une seule cotte de mailles médiévale pouvait compter plus de 30 000 anneaux de fer assemblés à la main.
Avant l'armure de plaques, les chevaliers utilisaient le haubert. Chaque anneau de fer était forgé, relié à quatre autres, puis scellé par un rivet pour une solidité maximale. Ce travail de précision demandait des centaines d'heures. Bien qu'efficace contre les épées, la maille n'amortissait pas les chocs. Les guerriers portaient donc un gambison rembourré en dessous. Pesant environ 11 kg, cet équipement offrait un excellent compromis entre protection et mobilité sur le champ de bataille.
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La fabrication d'un haubert complet, ou cotte de mailles, représentait l'un des investissements les plus coûteux pour un combattant du Moyen Âge central. Un haubert standard de la fin du XIIe siècle comprenait entre 28 000 et 50 000 anneaux selon la taille du porteur et la densité du tissage. Le processus le plus courant était le montage '4 en 1', où chaque anneau central passait à travers quatre anneaux adjacents.Les forgerons utilisaient du fer étiré en fils, puis enroulé autour d'une tige pour créer des cercles. Ces anneaux étaient ensuite aplatis aux extrémités et percés pour recevoir un rivet de moins d'un millimètre. Des études archéologiques, notamment celles menées sur les vestiges de la bataille de Wisby en 1361, montrent que la maille rivetée était presque impossible à trancher avec une épée de l'époque.Cependant, la physique de la maille présentait une faiblesse majeure : la flexibilité. Contrairement à l'armure de plaques qui répartit l'énergie, la maille transmet la force de l'impact directement au corps. Sans le gambison, une épaisse tunique de lin multicouche ou de laine, un coup de masse pouvait briser des os sans même déchirer le métal.L'apogée de cette technologie se situe entre le XIe et le XIIIe siècle, avant que l'évolution des armes de jet comme l'arbalète ne force l'adoption de plaques d'acier plus rigides. Aujourd'hui, des tests de balistique moderne confirment qu'une maille bien rivetée peut résister à une pression de plusieurs centaines de Newtons avant de céder.
Fait vérifié
FP-0006127 · Feb 20, 2026