Pourquoi le maïs moderne nécessite-t-il autant d'azote et quel est l'impact sur les cultures environnantes ?
Le maïs moderne est si gourmand en azote qu'il peut affamer les plantes voisines en épuisant le sol.
Le maïs possède un système racinaire ultra-efficace qui absorbe l'azote massivement pour produire de la chlorophylle. Sans apport extérieur d'engrais, cette consommation vorace appauvrit rapidement la terre et freine la croissance des cultures environnantes.
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Le maïs (Zea mays) est une plante de type C4, ce qui signifie qu'il possède un métabolisme photosynthétique extrêmement performant nécessitant de grandes quantités d'azote. L'azote est le constituant principal des acides aminés et de la chlorophylle. Pour atteindre les rendements industriels actuels, une culture de maïs peut absorber entre 150 et 250 kilogrammes d'azote par hectare.Cette dépendance a été accentuée par la révolution verte des années 1960 et l'invention du procédé Haber-Bosch au début du XXe siècle. Ce procédé chimique, mis au point par Fritz Haber et Carl Bosch, permet de fixer l'azote atmosphérique pour créer des engrais synthétiques. Sans cette innovation, les sols s'épuiseraient en seulement quelques cycles de récolte à cause de la voracité de la plante.Des études menées par l'INRAE en France démontrent que le maïs mobilise ses transporteurs de nitrates racinaires de manière beaucoup plus agressive que la plupart des légumineuses. C'est d'ailleurs pour cette raison que la technique ancestrale des 'Trois Sœurs' (maïs, haricot, courge) utilisait le haricot pour fixer l'azote de l'air et compenser l'appétit du maïs. Aujourd'hui, la gestion de cet azote est un enjeu écologique majeur pour éviter la pollution des nappes phréatiques par les surplus non absorbés.
Fait vérifié
FP-0006158 · Feb 20, 2026