Comment les méduses ont-elles permis de remporter un prix Nobel ?
Une protéine de méduse permet aux scientifiques de voir les maladies évoluer en direct dans nos cellules.
La méduse Aequorea victoria produit une protéine fluorescente verte appelée GFP. En insérant le gène de cette protéine dans des cellules humaines, les chercheurs peuvent éclairer des virus ou des tumeurs au microscope. Cette technique révolutionnaire permet de suivre la progression des maladies en temps réel.
Nerd Mode
La découverte de la Green Fluorescent Protein (GFP) remonte à 1962, lorsque le chercheur japonais Osamu Shimomura l'a isolée à partir de la méduse Aequorea victoria. Cette méduse possède des organes photoémetteurs qui produisent une lumière bleue, laquelle est ensuite convertie en une lueur verte par la protéine GFP.Dans les années 1990, Douglas Prasher et Martin Chalfie ont réussi à cloner le gène de la GFP et à l'exprimer dans d'autres organismes comme des bactéries. Roger Tsien a ensuite perfectionné la protéine pour qu'elle brille plus intensément et dans diverses couleurs, créant ainsi une véritable palette de marqueurs biologiques.Cette technologie fonctionne comme une balise lumineuse moléculaire. En attachant la GFP à une protéine spécifique d'un virus ou d'une cellule cancéreuse, les scientifiques peuvent observer des processus biologiques auparavant invisibles sans tuer la cellule. On peut ainsi voir comment le VIH bourgeonne à partir d'une cellule infectée ou comment les cellules nerveuses se connectent dans le cerveau.L'impact de cette découverte sur la médecine moderne est si vaste qu'elle a valu le prix Nobel de chimie à Shimomura, Chalfie et Tsien en 2008. Aujourd'hui, la GFP est un outil indispensable utilisé dans des milliers de laboratoires pour étudier des maladies comme Alzheimer, le cancer ou le diabète.
Fait vérifié
FP-0005322 · Feb 20, 2026