Pourquoi n'utilise-t-on plus de ligaments en fibre de carbone ?
Dans les années 1980, l'utilisation de ligaments synthétiques en fibre de carbone a échoué car le corps humain les rejetait violemment.
Bien que très résistants, ces matériaux artificiels ne pouvaient pas s'auto-réparer comme des tissus vivants. Avec le temps, les fibres se désagrégeaient en microparticules, provoquant des inflammations chroniques et des défaillances immunitaires. Aujourd'hui, les chirurgiens privilégient les greffes biologiques qui s'intègrent naturellement à l'organisme.
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Au début des années 1980, la chirurgie orthopédique a connu une vague d'innovation avec l'introduction de matériaux synthétiques comme la fibre de carbone et le polytétrafluoroéthylène, mieux connu sous le nom de Gore-Tex. L'objectif était de remplacer le ligament croisé antérieur (LCA) par une structure capable de supporter des tensions immédiates sans attendre la cicatrisation d'une greffe naturelle. Des études menées par des institutions comme la Mayo Clinic ont cependant révélé des taux d'échec alarmants après seulement quelques années d'utilisation.Le problème majeur résidait dans la biocompatibilité et la fatigue mécanique du matériau. Contrairement au collagène naturel, la fibre de carbone est extrêmement rigide et finit par se briser sous l'effet des cycles de torsion répétés du genou. Ces débris microscopiques déclenchaient une réaction immunitaire appelée synovite à corps étranger, où les macrophages tentaient inutilement d'absorber les particules de carbone. Cela entraînait une érosion osseuse et une instabilité articulaire sévère chez les patients.Une étude pivot publiée dans le Journal of Bone and Joint Surgery a démontré que les greffes synthétiques ne permettaient pas l'ingrowth ou la repousse cellulaire nécessaire à une stabilité à long terme. En conséquence, la Food and Drug Administration (FDA) a restreint l'usage de nombreux ligaments artificiels dès la fin des années 1980. Cette période a marqué un tournant décisif vers l'autogreffe, utilisant les tendons du patient lui-même, qui reste aujourd'hui la référence absolue en médecine du sport.
Fait vérifié
FP-0007087 · Feb 20, 2026