Qu’était exactement un cabinet de curiosités ?
Ancêtres des musées modernes, les cabinets de curiosités de l'époque baroque exposaient des objets insolites, allant des têtes réduites aux prétendues cornes de licorne.
Au XVIIe siècle, les collectionneurs créaient des « chambres des merveilles » pour rassembler tout le savoir du monde. Ces ancêtres des musées mélangeaient science, art et mythologie sans distinction. On y trouvait des défenses de narval présentées comme des cornes de licorne, des animaux naturalisés et des automates complexes. Ces collections privées ont finalement servi de base aux grands musées publics comme le British Museum.
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Le concept de cabinet de curiosités, ou « Wunderkammer », a atteint son apogée en Europe durant la Renaissance et l'époque baroque, entre 1550 et 1750. L'un des exemples les plus célèbres est celui de l'empereur Rodolphe II de Habsbourg au château de Prague, qui rassemblait des milliers d'objets rares. Ces collections étaient divisées en quatre catégories : Naturalia (créatures et minéraux), Artificialia (objets créés par l'homme), Exotica (plantes et animaux de terres lointaines) et Scientifica (instruments de mesure).À cette époque, la science moderne n'était pas encore structurée, ce qui permettait aux légendes de côtoyer la réalité. Les célèbres « cornes de licorne » étaient en fait des dents de narval vendues à prix d'or par des marchands scandinaves. De même, les « têtes de dragons » étaient souvent des crânes de crocodiles ou de grands lézards séchés. Ces objets n'étaient pas seulement des curiosités, mais des symboles de pouvoir et de richesse pour leurs propriétaires.L'évolution vers le musée moderne s'est opérée au XVIIIe siècle avec l'introduction de classifications systématiques basées sur les travaux de naturalistes comme Carl von Linné. En 1683, l'Ashmolean Museum d'Oxford est devenu le premier cabinet de curiosités ouvert au public, marquant la transition vers l'éducation populaire. Aujourd'hui, des institutions comme le British Museum à Londres ou le Musée de l'Homme à Paris conservent des traces directes de ces collections hétéroclites fondatrices.
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FP-0007404 · Feb 20, 2026